top of page


La Petite Poucette

Dans une région reculée, vivait une femme seule qui voulait tant avoir un enfant. Un jour, elle demanda à une sorcière de l'aider à réaliser ce rêve. Cette dernière lui donna une graine et lui dit de la planter et ainsi y pousserait un enfant. La rêveuse s'exécuta.
Le jour d'après, un bouton de tulipe poussa à l'endroit où elle
l'avait planté. La femme, émerveillée par la beauté de cette fleur, l'embrassa. Et soudain, une petite poupée en tissus sortit de derrière les pétales. Elle était extrêmement jolie. Cependant, elle ne dépassait pas la taille d'un pouce. De ce fait, sa mère la nomma Poucette. Le cœur de la peluche, lui, était très grand et remplissait presque tout son abdomen. Un bouquet poussait au-dessus et semblait être alimenté par le bonheur que ressentait la jeune pouce.
Et elle en vécut beaucoup. Jusqu'à une nuit où un crapaud grimpa par sa fenêtre pendant qu'elle dormait sous une couette faite de pétales de roses. Quand l'amphibien vit la petite, il se dit qu'elle ferait un magnifique jouet pour son fils. Alors, il l'a prise sur son dos et l’emmena dans un marais.
C'est là que le batracien vivait avec sa progéniture. Les deux étaient gros et laids. Quand le plus petit vit la peluche, il prononça les seuls mots qu'il connaissait :

« Krôôôôaaahhh.
- Silence, Hellébore, répliqua le père, tu vas la réveiller et elle va s'enfuir ! »
Pour éviter cela, il la posa sur une feuille au milieu de l'eau qu'il attacha à un arbre. Puis, il commença son travail. En effet, il avait l'intention de la transformer en poupée de porcelaine pour qu'elle plaise mieux à son horrible enfant.
Quand Poucette se réveilla, le crapaud lui avait déjà fait un nouveau membre en porcelaine. Il lui présenta son fils comme son futur époux. Elle n'était vraiment pas contente de devoir se marier avec cet inconnu et ne savait pas ce qu'il voulait faire à son corps. Mais puisqu'elle ne pouvait s'enfuir, elle se mit à pleurer. Les poissons entendirent ses plaintes et prirent pitié d'elle.
Alors, ils mordirent la feuille pour la libérer et l'attachèrent à l'aile d'un papillon. Ce dernier voulut la ramener chez elle.Cependant, un hanneton, Brongniarti, qui passait par là, vit la belle petite poupée et la voulut pour lui. Alors, il l'emporta jusqu'à un arbre où il vivait avec ses semblables. Quand il présenta la fille à ses congénères, ceux-ci rirent de son visage. En effet, ils trouvaient que la peluche était une bien laide bestiole et prirent plaisir à le lui répéter avec toutes les insultes qu'ils connaissaient. Brongniarti n'était pas du même avis que ses compa-gnons au début. Mais à force de les entendre, il se persuada que lui aussi la trouvait très laide.
Puisqu'il n'en voulait plus, à présent, il s'en fichait bien d'où elle pourrait bien atterrir.


Ça n'était pas assez et elle commençait à se faner comme une plante. Elle arriva quand même à se déplacer jusqu'à une petite maison près d'un champ. Celle-ci était habitée par une très vieille souris en coton, habillée de vêtements très chics, appelée Rossolis. Elle prit pitié de la petite peluche et l'invita à vivre chez elle, avec l'ordre de lui raconter des histoires en contre-partie. Poucette était ravie de la gentillesse du rongeur et vécut très bien chez lui.
Un jour, cependant, Rossolis lui ordonna de se préparer pour la venue de son voisin. Et elle invita une vieille taupe à rentrer. Le Seigneur Malvu était célibataire et la souris y vit une opportunité. Alors, elle força Poucette à offrir son coeur à son invité et d'essayer de le séduire. La poupée n'était vraiment pas

Alors, il la poussa de l'arbre. Même s'il n'était pas si haut, la chute fut bien dure pour la petite à cause de sa taille. Poucette eut du mal à se remettre de sa chute, le tissu de son corps et de ses habits s'était déchiré et elle perdit l'un des boutons qui lui servait d'oeil.
Après s'être soignée un peu grâce à sa connaissance des plantes, elle essaya tant bien que mal de retrouver son chemin. Cependant, ses kidnappeurs l'avaient emmenée tellement loin de chez elle, qu'elle ne put y retourner. Alors elle vécut dans la forêt durant tout l'automne. De la végétation avait poussé sur son visage et son corps.
Quand l'hiver vint, ce fut très dur pour elle. En effet, elle était tellement minuscule que la neige l'écrasait. De plus, ses habits étaient déchirés, elle n'avait plus qu'une petite feuille pour se réchauffer.

enchantée à l'idée de marier le seigneur, car celui-ci détestait les plantes, il s'était moqué de celles qui poussaient sur son cœur et il avait même essayé de les arracher ; ce qui avait bien fait mal à la pauvre Poucette. Cependant, elle fit ce que sa bienfaitrice lui dit. Après tout, c'était grâce à elle si elle était toujours de ce monde.

Depuis ce jour, elle raconta une histoire à la taupe à chaque fois que celle-ci venait rendre visite à la souris. Et il vint de plus en plus, car étant aveugle, il était tombé sous le charme de sa la belle voix. Il pensait à la demander en mariage, mais se retint pour l'instant.
Un jour, il montra à ses convives le trou qu'il était en train de creuser pour relier leur deux maisons, tout en leur disant d'ignorer l'hirondelle qui gisait morte au milieu du chemin.
« Vous pouvez être sûres que je ne laisserais jamais mes futures enfants finir comme ces sales bêtes inutiles, se moqua Malvu. Tout ce qu'ils savent faire c'est nous casser les oreilles avec leur « Quivit, quivit » ; et quand arrive l'hiver, ils finissent enterrées sous la neige ! - Vous avez raison, renchérit Rossolis. Ce pantin n'a eu que ce qu'il méritait ! »
Poucette ne dit rien. Mais une fois la nuit tombée, elle retournadans le trou vers le cadavre et lui mit sur le haut de la tête une feuille de menthe pour le recouvrir.
« Repose en paix, petite hirondelle, toi qui remplissait mon cœur de joie en chantant devant ma maison lorsque je jouais. »

Grâce à la chaleur de la plante, le blessé fut ravivé et se releva. La petite poupée fut intimidée devant la grandeur de celui-ci. Il lui dit son nom, Hyacinth, la remercia de l'avoir sauvé et lui expliqua comment il s'était accidentellement coupé l'aile alors qu'il partait pour passer l'hiver dans les pays chauds et qu'il s'était fait enterrer par la neige, incapable de voler. Poucette décida de l'aider une nouvelle fois et lui cousu une nouvelle aile. Avec celle-ci, l'oiseau put repartir dans son nid au printemps. Il proposa à sa sauveuse de le suivre. Mais celle-ci refusa, ne pouvant abandonner la souris. Alors Hyacinth partit seul, laissant la jeune poupée qui avait le cœur rempli de regrets.
Un fameux jour, le Seigneur Malvu demanda Poucette en mariage, à la plus grande joie de Rossolis. La fiancée, elle, eut de la peine à cacher sa
peine. De plus, son futur mari lui donna un visage en porcelaine pour cacher les fleurs sur son visage. Certes, lui-même ne pouvait pas les voir, mais il les sentait et ça le dégoutait.
Rossolis força la poupée à coudre sa propre robe. Alors, elle prit le courage de lui demander d'annuler le mariage. Mais cela rendit la souris furieuse.

« Comment peux-tu refuser de te marier avec un homme comme lui ? Tu n'imagines pas la chance que tu as, cria-t-elle. Si tu oses redire quelque chose de pareil devant lui, je te mords avec ma dent la plus aiguisée ! »
Entendant cela, Poucette se dit que finalement, Rossolis n'était pas si gentille qu'elle le pensait et qu'elle aussi cachait son vrai visage, comme la taupe voulait qu'elle fasse. Cependant, elle ne put rien faire car elle savait que le rongeur lui ferait du mal. Alors, elle passa tout l'été à coudre sa robe comme il lui était demandé.
Et puis, en automne, arriva le jour de son mariage avec Malvu. Hyacinth vint vers sa bienfaitrice et lui rendit son cœur qu'il avait volé à son promis pendant qu'il dormait. L'oiseau dit qu'il allait partir dans les pays chauds pour l'hiver et lui proposa à nouveau de la suivre. Cette fois-ci, Poucette n'avait aucune raison de refuser et elle monta sur le dos du volatile qui l'emporta loin avec lui.
Une fois arrivée, l'hirondelle lui dit qu'elle pouvait vivre dans une des tulipes près de son nid. Cette dernière était ravie de cette idée, étant donné qu'elle adorait ces fleurs. Puis, elle remarqua que des personnes habitaient déjà dans certaines d'entre elles. C'était des petites peluches pas plus grandes que des pouces, tout comme elle ! Ceux-ci l'accueillirent comme l'une des leurs et elle se maria avec leur prince, qui lui, ne la traita jamais comme une poupée. Ses nouveaux camarades en firent une fée des champs, comme eux et lui donnèrent des feuilles d'arbre comme ailes pour qu'elle puisse voler de fleurs en fleurs. Poucette put enfin se débarrasser de l'horrible visage en porcelaine que lui avait donné la taupe. Pour célébrer sa nouvelle liberté, elle se renomma Maïa. Les plantes sur son cœur devinrent encore plus grandes et jolies, car la fée ne ressentait à présent que du bonheur.

bottom of page